Discriminations sexuelles. L'exemple du Valais

Le Valais, « pionnier de la lutte contre la discrimination » des personnes LGBTIQ+. Sexualité, LGBT, Valais, Homosexualité

Tel est le titre ronflant du quotidien Le Nouvelliste de ce mercredi 12 janvier 2022, en écho à la conférence de presse tenue la veille par le conseiller d’État valaisan Mathias Reynard. Il n’y a pas à douter des bonnes intentions des mesures annoncées. En revanche, une brève analyse de l’article publié laisse entrevoir que le problème des LGBT est tellement mal posé que les mesures envisagées auront peut-être pour effet, non de le résoudre, mais de l’accentuer et de l’embrouiller.

Position du problème

«L’acceptation du mariage pour tous en septembre 2021 témoigne d’une évolution des mentalités» a estimé M. Reynard, selon la journaliste Sabrina Roh. Le constat est exact. Mais cette évolution prouve une large acceptation des minorités sexuelles dans la population et pas du tout une injuste discrimination, au contraire. On se demande dès lors ce qui justifie une prétendue lutte urgente contra la discrimination des LGBT en Valais. Quelles discriminations?

À noter au passage l’usage confus et imprécis des mots discriminer et discrimination. Le sens premier est celui de discerner, de discernement, de distinguer une chose d’une autre. Le langage et le droit doivent absolument discriminer, distinguer des réalités différentes. Un humain n’est pas un animal comme les autres. Un homme n’est pas une femme. Un enfant n’est pas un adulte, etc.

Le second sens vise des discriminations injustes, qui n’ont pas lieu d’être, qui font du tort à certaines catégories de personnes, qui lèsent leurs droits fondamentaux. Telles sont les lois ou les coutumes qui refusent à certains groupes la pleine dignité humaine à cause de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur orientation sexuelle.

Les personnes LGBT ont été les premières à exiger leur discrimination, au premier sens, c’est-à-dire la reconnaissance de leur différence par rapport à la majorité hétérosexuelle. C’est ainsi qu’elles ont conquis, à juste titre, une visibilité et une honorabilité sociale. C’est ainsi qu’elles ont contribué à faire disparaître une grande partie des discriminations (injustes), au second sens.

Or, continue la journaliste en écho à M. Reynard, «les personnes LGBTIQ+ subissent toujours des discriminations et le Valais ne fait pas exception». Les supposées discriminations (injustes) ne sont pas nommées. On aimerait bien savoir ce qu’il en est exactement.

Un élément de réponse arrive ensuite. Une étude, commandée par le département de M. Reynard (santé), précise la journaliste, «montre que les personnes LGBTIQ+ sont en moins bonne santé que le reste de la population.» On se demande sur quoi repose cette affirmation, n’ayant pas connaissance qu’une enquête officielle ait jamais été menée en Valais sur la santé (physique et psychique) de l’ensemble de la population et sur celle des minorités sexuelles.

Un étrange élément de réponse à cette interrogation est fourni, rapporte la journaliste, par le médecin cantonal adjoint, Cédric Dessimoz: «Le risque de suicide chez les adolescents [sous-entendu LGBT] est deux fois à cinq fois plus élevé et en général, les comportements addictifs sont plus courants [chez les LGBT]».

La première partie de cette déclaration, concernant le suicide, est fausse. L’évaluation d’un «risque de suicide» ne peut se faire que sur une statistique officielle des suicides effectivement aboutis, nuancée selon l’orientation sexuelle des suicidés. Faute de quoi, il est évident que nous sommes tous «à risque de suicide», risque totalement inconnu.

Or, l’Office fédéral des statistiques ne précise jamais l’orientation sexuelle des suicidés. Pour une raison très simple: les orientations et les pratiques sexuelles des défunts sont totalement ignorées, sauf de quelques proches qui n’en font pas publicité. Elles relèvent de l’intime et non du publique. Le médecin constatant le décès n’a pas à mentionner cela dans le permis d’inhumer. L’adjoint au médecin cantonal est bien placé pour le savoir.

Quant aux «comportements addictifs», on se demande aussi ce que signifie et sur quoi repose cette affirmation. Quels comportements addictifs, dans la population en général et chez les LGBT? Quelles sont les proportions respectives? Par qui et comment cela a-t-il été mesuré?

La problématique de l’intégration sociale des personnes LGBTIQ+ est manifestement très mal posée, voire pas posée du tout, par les éléments rapportés de cette conférence de presse. On se demande dès lors ce que valent les mesures annoncées pour améliorer une situation aussi mal décrite.

Une mesure excellente et d’autres à haut risque

«La mesure phare est la mise en œuvre d’un accompagnement psycho-social spécifique […] pour des cas qui nécessitent un suivi par un professionnel», annonce Johanne Guex, citée par la journaliste du Nouvelliste.

On ne saurait trop approuver cette mesure, de même que son financement par le canton. Cette mesure est fondée sur une réalité, que le Département de la santé du Valais, apparemment, n’explicite pas, voire qu’il ignore ou fait semblant d’ignorer: l’homosexualité et d’autres situations LGBTIQ+ sont des anomalies, des handicaps.

Les personnes concernées sont dans une situation comparable à celle des gauchers. Situation d’anomalie statistique d’abord, tout simplement: environ 5-7% de personnes LGBT dans la population en général, environ 10-15% de gauchers dans la même population.

Ces deux types de situation ont en commun de ne pas être créées par la société, ni par les individus eux-mêmes, mais par la nature, sans qu’on puisse expliquer exactement le comment et le pourquoi de ces phénomènes. La société doit «faire avec» en respectant au mieux les minorités concernées et la majorité immense des droitiers et des hétérosexuels. Difficile équilibre.

En ce qui concerne les minorités sexuelles, le problème est plus difficile que celui des gauchers. La sexualité, en effet, met en jeu des réalités autrement plus intimes et importantes que l’habileté des mains: l’expérience amoureuse et la capacité d’engendrer.

Qu’un accompagnement particulier des adolescents LGBTIQ+ soit mis en place, cela se justifie pleinement par la situation tout à fait particulière dans laquelle ces jeunes se trouvent, bien malgré eux.

D’autres mesures annoncées sont discutables et risquées, d’autant plus qu’elles ne sont guère précisées pour l’instant.

«Une campagne de sensibilisation est également prévue», écrit la journaliste. Sensibilisation de qui et à quoi? On n’en sait rien. On s’en étonne d’autant plus, s’il s’agit de sensibiliser la population, que ladite population est déjà hypersensibilisée, comme le vote sur le «mariage pour tous» l’a démontré. On craint donc la propagande, la culpabilisation de «la société», des parents, des «hétérosexuels cisgenres».

«Aussi, en plus de sensibiliser la population, le plan d’action prévoit des actions dans les classes [d’école]», ajoute le Nouvelliste citant Johanne Guex. Ici, on peut craindre le pire, qui s’est déjà produit ailleurs, à savoir l’intoxication des enfants et des jeunes adolescents par l’idéologie LGBT de déconstruction des sexes et des «identités de genre».

Et ce précisément à un âge où tous les enfants et tous les jeunes ont besoin, au contraire, de trouver des repères à la fois corporels, psychiques et sociaux pour grandir et se développer par eux-mêmes, soutenus par leurs parents, sans que l’école se mêle d’orienter, ou de désorienter, leur affectivité et leur intimité.

Bref, l’ensemble du dispositif promu par Mathias Reynard pourrait bien reposer sur un déni fondamental de réalité, à savoir la confusion des sexes et des genres, celle-là même que le peuple suisse vient d’accepter avec le «mariage pour tous». Après une ahurissante campagne militante de la part des médias, et une encore plus sidérante myopie du Conseil fédéral, du Parlement et de la majorité des partis.

Commentaires

  • Remarquable! Dommage de n'avoir jamais vu ce genre d'analyse de la part de journalistes. Ils sont obsédés non par une quelconque lutte contre la discrimination, mais par la diffusion des revendications les plus délirantes des transgenres. Changement de sexe (zut, il y en a un!) médical compris.

  • Nous vivons une période de déconstruction comme jamais, les psy ont remplacé la famille, le moi le nous les girouettes nos élus. Il suffit d'un pêt bien médiatisé pour embaumer la Suisse. Où sont passées les roses qui parfummaient notre enfance ?

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