Quelle direction prend aujourd'hui le féminisme radical?

On entend de plus en plus dans les médias le mot «féminicide» pour désigner le meurtre d’une femme. Pourquoi ce langage? En quoi, le meurtre d’une femme est-il différent de celui d’un être humain masculin? Comment devrait-on dès lors appeler ce dernier crime? «Viricide»?femme, féminisme, sexes
Et si le féminicide est perpétré par une autre femme, est-ce encore un féminicide ou un homicide ordinaire? «Féminicide» ne désigne-t-il que des meurtres de femmes commis par des hommes de sexe masculin, notamment époux, amants ou compagnons de leur victime?
Le terme «homicide», comme on sait, vient de deux mots latins, «homo» (être humain, masculin ou féminin), et «caedere» (tuer). Le français ne possède hélas qu’un même mot pour désigner aussi bien l’homme, être humain, que l’homme masculin. Contrairement au latin, au grec et, parmi les langues modernes, à l’allemand, qui dit «Mensch» pour l’être humain et «Mann» pour le mâle humain.
Au plan sémantique comme au plan juridique, rien ne distingue donc en français les mots homicide et féminicide, le second n’étant qu’un cas particulier du premier.
Mais si l’on fait le rapprochement avec le mot infanticide, meurtre d’un enfant né, on peut conclure que dans les deux cas – infanticide et féminicide – il y a comme une même circonstance aggravante, à savoir la relative faiblesse ou dépendance de la victime si le meurtrier est un homme adulte.
De même, si l’on songe au mot parricide, meurtre d’un de ses parents, on voit apparaître aussi une possible circonstance aggravante, à savoir le lien particulier de respect qu’un fils ou une fille doit à son père ou à sa mère, de qui il tient la vie. Comme cela devrait aller de soi également pour l’époux à l’égard de l’épouse, en vertu de l’engagement du mariage.
«Féminicide» rappelle aussi une autre catégorie de meurtres commis sur des femmes non encore nées, mais déjà humaines dans le sein de leur mère en qualité de fœtus. Ces actes relèvent du «fœticide», mise à mort de fœtus. En soi, ce dernier peut être aussi bien masculin que féminin. Mais, de fait, le fœticide fut pratiqué à grande échelle, en certaines sociétés et cultures, en Chine, en Inde, par exemple, pour empêcher la naissance de fillettes et privilégier celle des garçons.
Dans certains pays d’aujourd’hui, qui se disent et se croient civilisés, la France notamment, le fœticide reprend des couleurs, si l’on peut dire, à travers la revendication infondée, mais d’autant plus assénée, d’un «droit fondamental» à l’avortement «médical» d’enfants avant leur naissance. Quel que soit le sexe de ces petits.
On n’est plus alors face à une dépénalisation raisonnable de l’avortement, telle qu’elle existe en Suisse pendant les 12 premières semaines de grossesse, telle aussi que la prévoyait en France la Loi Veil. Il s’agit au contraire d’une absence totale de protection légale des enfants conçus, tous menacés de mort au nom d’un «droit de la femme à l’avortement» inventé par l’État, au mépris du plus fondamental des droits humains, le droit de l’enfant à la vie.
ÉRIGÉ AINSI EN PRATIQUE SYSTÉMIQUE ET INCONTRÔLÉE, L’AVORTEMENT DEVIENT LA MATRICE ET LA MÈRE DE TOUTES LES VIOLENCES EXERCÉES PAR LES PLUS FORTS SUR LES PLUS INNOCENTS ET LES PLUS FAIBLES D’ENTRE NOUS, LES ENFANTS DANS LE SEIN DE LEUR MÈRE.
Le premier et le plus sûr abri de nos existences peut devenir arbitrairement le lieu de l’homicide le plus intime et le plus injuste. Autorisé, voire encouragé par l’État.
UN PRÉTENDU DROIT ABSOLU À L’AVORTEMENT EST PROCLAMÉ ET RÉCLAMÉ PAR UN CERTAIN FÉMINISME.
Ses slogans sont: «Mon corps m’appartient! Mon corps, mon droit, mon choix!» C’est évidemment oublier ou dissimuler volontairement que l’avortement agresse non le corps de la femme, mais celui de l’enfant qu’elle porte.
Apparemment, ce féminisme exalte le corps féminin. En cela, il est parfaitement respectable. Mais quand il en vient à faire l’impasse sur le corps propre de l’enfant, quand il méconnaît la réalité et la dignité de cet autre corps humain, celui de l’enfant à naître, ce féminisme-là apparaît très paradoxal et peut-être contradictoire en lui-même.
UN CERTAIN FÉMINISME RADICAL NE DÉPRÉCIE-T-IL PAS EN RÉALITÉ LE CORPS FÉMININ, ALORS MÊME QU’IL CROIT ET PRÉTEND LE MAGNIFIER, LE SANCTUARISER?
Tel est le paradoxe qui apparaît assez clairement à travers la fièvre féministe, telle qu’elle se manifeste presque quotidiennement dans nos sociétés occidentales, à travers l’insistance obsédante des médias.
Quelques phénomènes récurrents sautent aux yeux et aux oreilles. Le refrain principal veut l’égalité avec les hommes, dans tous les domaines, dont certains vont ou devraient aller de soi, comme le salaire, par exemple, pour un travail et une responsabilité de même niveau.
D’autres comptages concernent l’égalité en nombre de femmes et d’hommes dans toutes les institutions économiques et politiques. Certains exigent des quotas obligatoires, dans les conseils d’administration, dans les parlements, dans les gouvernements.
CE QUI FRAPPE ICI, C’EST L’OUBLI TOTAL DE LA DIFFÉRENCIATION PHYSIQUE ET PSYCHIQUE ENTRE L’HOMME ET LA FEMME.
On additionne simplement des êtres humains sans tenir compte de leur réalité sexuée, pourtant fondamentale, anthropologique. Cette différenciation justifierait pourtant, à bien des égards, une meilleure considération de la femme, mère potentielle, que cette maternité se traduise en fécondité biologique ou en fécondité sociale.
Cet alignement asexué, désincarné des femmes sur les hommes, en plus, fait de ces derniers la référence absolue, comme si la virilité était le but, l’idéal assigné à tout être humain. Étrange féminisme!
Mais en même temps, et apparemment en sens contraire, on vante les dispositions ou les capacités particulières de la femme en matière d’empathie, de gouvernance, de résolution des conflits, d’attention aux personnes, de vision plus globale, et donc plus humaine, de la réalité.
On feint d’oublier totalement, ce faisant, que ce sont là des qualités spécifiquement maternelles, liées sans aucun doute à l’attachement à nul autre pareil qui relie les mères à leurs enfants durant les neuf mois de grossesse, puis durant les premières années des petits humains. Attachement qui, la plupart du temps, dure autant que la vie, tout en se transformant.
Le corps possiblement maternel de la femme est non seulement ignoré, dans le discours féministe radical, mais il est considéré comme presque inconvenant, asservissant, dépassé, comme s’il était le fruit honni, non de la nature, mais de la société, d’un patriarcat dénoncé.
UN FÉMINISME AUTHENTIQUE NE DEVRAIT-IL PAS HONORER AVANT TOUT LE CORPS-ESPRIT MATERNEL DES FEMMES?
N’est-ce pas cette féminité-là qui les rend irremplaçables dans la transmission de la vie, de la culture, de l’éducation, et nécessaires dans tous les autres domaines de l’activité sociale?
Un féminisme authentique ne devrait-il pas aussi se réjouir de l’attraction normale, saine espérons-le, que le corps-esprit des femmes exerce sur le corps-esprit des mâles?
OUI, LE CORPS-ESPRIT DES FEMMES MÉRITE D’ÊTRE SANCTUARISÉ, C’EST-À-DIRE INFINIMENT RESPECTÉ, SOUSTRAIT À TOUTE PROFANATION, À TOUTE VIOLENCE, À TOUTE APPROPRIATION, À TOUTE UTILISATION COMMERCIALE.
OUI, LE CORPS-ESPRIT DES HOMMES ET CELUI DES FEMMES SONT FAITS L’UN POUR L’AUTRE DANS LA RENCONTRE AMOUREUSE, MAIS AUSSI DANS LA COMPLÉMENTARITÉ, DANS L’ÉGALITÉ, DANS LA DIFFÉRENCIATION.
En tous domaines et en tous lieux sociaux, depuis la famille jusqu’aux instances de décision politiques et économiques, en passant par la rue, par le sport, par les transports, par les loisirs.
Par l’école, dont la mission n’est pas de confondre les sexes des enfants, mais au contraire de leur permettre de s’affirmer dans leurs différences et dans leur complémentarité.
Tout cela vaut aussi pour les Églises chrétiennes. Globalement, elles ont honoré les vocations masculines et féminines, en tout cas en principe et dans leurs doctrines. Une marge de progrès reste pour elles à parcourir en ce qui concerne la mise en pratique de l’égale dignité des uns et des autres.

Commentaires

  • Merci de remettre l'église au milieu du village. Il faut un grand courage et beaucoup de talents pour aller à l'encontre de ce féminisme radical qui veut nous faire croire qu'il est porteur de progrès. Bravo pour votre blog.

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