Après la crise des abus sexuels, quelle changements dans la gouvernance de l'Eglise catholique?

La CIASE adresse une série de recommandations concernant la gouvernance de l’Église catholique. Aux évêques maintenant, en priorité, et aux responsables d’instituts religieux d’examiner ces propositions et d’en tirer des conclusions pratiques. MS 10.02.06ter.jpg

À cette réflexion, tous les fidèles catholiques sont associés obligatoirement en vertu de leur baptême. C’est ce qu’il faut rappeler ici en tout premier lieu.

Qu’est-ce, en effet, que la gouvernance dans et de l’Église catholique? Il s’agit de ce qu’on appelle la fonction «royale» que le Christ exerce à travers son Église. Elle consiste à guider et à maintenir les chrétiens dans la communion d’amour, de justice et de paix instaurée par le Christ.

Les deux autres grandes fonctions de l’Église sont la fonction prophétique d’enseignement et la fonction sacerdotale de la prière et des sacrements.

À ces trois fonctions, y compris la première, tous les fidèles, hommes et femmes, sont habilités et appelés en vertu de leur baptême. Et non en vertu d’une faveur ou d’une permission de la hiérarchie.

Le Concile Vatican II l’a affirmé clairement dans sa Constitution sur l’Église § 37:

«Les laïcs […] ont le droit de s’ouvrir à ces mêmes pasteurs avec toute la liberté et la confiance qui conviennent à des fils de Dieu et à des frères dans le Christ de leurs besoins et de leurs vœux. Dans la mesure de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur situation, ils ont la faculté et même parfois le devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église.»

«Les pasteurs, de leur côté, doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans l’Église; ayant volontiers recours à la prudence de leurs conseils, leur remettant avec confiance des charges au service de l’Église, leur laissant la liberté et la marge d’action, stimulant même leur courage pour entreprendre de leur propre mouvement.»

Selon les temps, les circonstances et les nécessités historiques, l’Église tout entière est provoquée à réviser sa manière d’exercer sa fonction «royale» de gouvernement.

Nous sommes manifestement devant une telle nécessité. Non seulement à cause de la crise des abus sexuels et du rapport de la CIASE, mais parce que le monde moderne et l’Église se trouvent dans une crise planétaire.

Crise touchant tous les domaines de l’existence: la paix, la justice sociale, la santé physique et psychique, la spiritualité et l’éthique, l’environnement, le sens et l’avenir même de l’humanité.

Le processus mis en route dans l’église catholique, qui aboutira au synode sur la synodalité en 2023, transformera cette crise en chemin de conversion.

«Pour une Église synodale: communion, participation et mission»: tel en est le thème.

Dès maintenant, tous les évêques et tous les fidèles, hommes et femmes, sont encouragés à s’exprimer et à s’engager. Tous à l’écoute de l’Esprit Saint et à l’écoute les uns des autres, attentifs aux réalités et aux signes des temps que nous percevons et qui nous bousculent pour nous réveiller.

On peut prévoir des confirmations décisives des orientations déjà mises en œuvre en beaucoup d’endroits et à divers degrés, notamment:

Des pasteurs davantage serviteurs.

Des laïcs, hommes et femmes, associés à tous les lieux et niveaux de gouvernance et de décision.

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