Air du temps

  • Ukraine. Appel pressant soutenu par l'évêque de Sion

    Merci de prêter votre attention au message suivant (en gras), reçu aujourd'hui de l'évêque de Sion, accompagné d'un appel pressant de son confrère responsable des Ukrainiens catholiques: MS 10.02.06ter.jpg
     
     
    Bonjour,
    Mgr +Borys Gudziak était Métropolitain responsable des Ukrainiens catholiques, de France / Suisse. Je l’ai plusieurs fois rencontré dans ce contexte, dont la dernière fois, fin novembre. Son appel déchirant, ci-joint, a été relayé, dimanche lors de l’Angelus ; le pape appelle à un jour de prière pour la paix, ce mercredi 26. https://www.cath.ch/.../le-pape-appelle-a-un-jour-de.../
    Merci de prendre le relai et d’inviter à cette démarche.
    En communion.
    +Jean-Marie

  • Église à genoux. Heureusement pour nous tous

    L’Église de France à genoux, en confiance, honneur et dignité, a demandé pardon au Christ sauveur pour les péchés commis par certains de ses représentants et de ses membres. C’était le 6 novembre 2021, à Lourdes, au pied d’une croix érigée devant le sanctuaire. Un grand et profond silence après l’accablant rapport de la CIASE sur les abus sexuels. Église, pardon, abus sexuels, hypocrisie, vérité

    Dépouillée de ses apparences et de ses parures, cette Église a pu enfin témoigner simplement de la grâce de son Seigneur, ce Christ que les abuseurs et leurs complices avaient trahi, agressé, blessé violemment en la personne de milliers d’enfants, d’adolescents, d’adultes.

    Enfin, la miséricorde toute-puissante peut couvrir de son manteau la nudité des pécheurs qui se livrent à elle. Pour être guéris et pour que d’autres puissent guérir aussi de leurs blessures.

    Cet acte de conversion est immense, parce qu’il est profond et collectif. C’est tout le Corps de l’Église catholique de France qui se tourne en vérité vers son Seigneur, contemplant les plaies du Crucifié, d’où coulent comme d’une source pure l’eau du pardon et le sang de l’amour.

    Cette expérience fait date. Elle marque un tournant décisif, qui entraînera, espérons-le, dans son élan les Églises du monde entier. Aucune autre communauté catholique ne pourra se dispenser, espérons-le, d’entrer dans le sillage de l’Église de France en sa conversion de Lourdes. Sauf à se condamner elle-même à l’insignifiance ou à l’endurcissement.

    Quelque chose s’est produit et se poursuit en France, qui anticipe déjà ce que nous pouvons attendre de l’expérience à venir du Synode sur la synodalité : un retournement des cœurs, un changement de cap, un coup de Pentecôte.

    Nue et revêtue de lumière divine dans sa pitoyable misère, l’Église catholique en France diffuse maintenant une clarté douce et puissante dans la nuit lourde des péchés du monde, de l’hypocrisie, des violences infligées aux petits et aux faibles, de l’orgueil et des lâchetés.

    Affaiblie sociologiquement, dénoncée, dépouillée, démasquée, l’Église de France, en cette expérience à développer, n’a jamais été aussi grande et aussi luisante d’une clarté qui n’est pas la sienne, mais celle de Pâques.

    On croirait entendre l’âme de l’Église murmurer ou crier comme saint Grégoire de Narek, poète et docteur de l’Église :

    « Et maintenant, que vas-tu faire, ô mon âme perdue ? Où te cacheras-tu, et comment te sauver ? Comment quitter la prison de tes fautes ? […] Jusqu’au moindre élan de mes pensées les plus secrètes, je te les confesserai et les déploierai devant toi, mon Seigneur et mon Dieu.

    « La mesure, en effet, dont je mesurerai les inculpations de mon âme est celle même que me mesurera ton infinie miséricorde. Et les grâce que je recevrai alors abonderont d’autant plus que mes fautes seront plus lourdes. […]

    « Tu es, Seigneur, celui qui purifie. Tu es, malgré les fautes et les iniquités, celui qui protégea la maison de Jacob. Tu es celui qui enseigne la loi aux pécheurs sur la route. Tu es celui qui convertit la dureté de nos cœurs de pierre dans la fluidité de la chair, notre malléable substance, pour qu’elle accueille ta parole. […]

    « Rends la lumière aux yeux aveugles de mon âme, étends sur moi ta droite pour dispenser la vie, de crainte que la lampe de ma confiance ne soit mise sous le boisseau. […] « Étends vers moi ta droite secourable pour me sauver, Seigneur, car je trébuche. […] Viens me chercher et guéris-moi de la perdition. »

    Puissent tous les pécheurs que nous sommes, personnellement et collectivement, entrer dans cette expérience de la miséricorde plus grande que nos plus lamentables aveuglements.

  • Discriminations sexuelles. L'exemple du Valais

    Le Valais, « pionnier de la lutte contre la discrimination » des personnes LGBTIQ+. Sexualité, LGBT, Valais, Homosexualité

    Tel est le titre ronflant du quotidien Le Nouvelliste de ce mercredi 12 janvier 2022, en écho à la conférence de presse tenue la veille par le conseiller d’État valaisan Mathias Reynard. Il n’y a pas à douter des bonnes intentions des mesures annoncées. En revanche, une brève analyse de l’article publié laisse entrevoir que le problème des LGBT est tellement mal posé que les mesures envisagées auront peut-être pour effet, non de le résoudre, mais de l’accentuer et de l’embrouiller.

    Position du problème

    «L’acceptation du mariage pour tous en septembre 2021 témoigne d’une évolution des mentalités» a estimé M. Reynard, selon la journaliste Sabrina Roh. Le constat est exact. Mais cette évolution prouve une large acceptation des minorités sexuelles dans la population et pas du tout une injuste discrimination, au contraire. On se demande dès lors ce qui justifie une prétendue lutte urgente contra la discrimination des LGBT en Valais. Quelles discriminations?

    À noter au passage l’usage confus et imprécis des mots discriminer et discrimination. Le sens premier est celui de discerner, de discernement, de distinguer une chose d’une autre. Le langage et le droit doivent absolument discriminer, distinguer des réalités différentes. Un humain n’est pas un animal comme les autres. Un homme n’est pas une femme. Un enfant n’est pas un adulte, etc.

    Le second sens vise des discriminations injustes, qui n’ont pas lieu d’être, qui font du tort à certaines catégories de personnes, qui lèsent leurs droits fondamentaux. Telles sont les lois ou les coutumes qui refusent à certains groupes la pleine dignité humaine à cause de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur orientation sexuelle.

    Les personnes LGBT ont été les premières à exiger leur discrimination, au premier sens, c’est-à-dire la reconnaissance de leur différence par rapport à la majorité hétérosexuelle. C’est ainsi qu’elles ont conquis, à juste titre, une visibilité et une honorabilité sociale. C’est ainsi qu’elles ont contribué à faire disparaître une grande partie des discriminations (injustes), au second sens.

    Or, continue la journaliste en écho à M. Reynard, «les personnes LGBTIQ+ subissent toujours des discriminations et le Valais ne fait pas exception». Les supposées discriminations (injustes) ne sont pas nommées. On aimerait bien savoir ce qu’il en est exactement.

    Un élément de réponse arrive ensuite. Une étude, commandée par le département de M. Reynard (santé), précise la journaliste, «montre que les personnes LGBTIQ+ sont en moins bonne santé que le reste de la population.» On se demande sur quoi repose cette affirmation, n’ayant pas connaissance qu’une enquête officielle ait jamais été menée en Valais sur la santé (physique et psychique) de l’ensemble de la population et sur celle des minorités sexuelles.

    Un étrange élément de réponse à cette interrogation est fourni, rapporte la journaliste, par le médecin cantonal adjoint, Cédric Dessimoz: «Le risque de suicide chez les adolescents [sous-entendu LGBT] est deux fois à cinq fois plus élevé et en général, les comportements addictifs sont plus courants [chez les LGBT]».

    La première partie de cette déclaration, concernant le suicide, est fausse. L’évaluation d’un «risque de suicide» ne peut se faire que sur une statistique officielle des suicides effectivement aboutis, nuancée selon l’orientation sexuelle des suicidés. Faute de quoi, il est évident que nous sommes tous «à risque de suicide», risque totalement inconnu.

    Or, l’Office fédéral des statistiques ne précise jamais l’orientation sexuelle des suicidés. Pour une raison très simple: les orientations et les pratiques sexuelles des défunts sont totalement ignorées, sauf de quelques proches qui n’en font pas publicité. Elles relèvent de l’intime et non du publique. Le médecin constatant le décès n’a pas à mentionner cela dans le permis d’inhumer. L’adjoint au médecin cantonal est bien placé pour le savoir.

    Quant aux «comportements addictifs», on se demande aussi ce que signifie et sur quoi repose cette affirmation. Quels comportements addictifs, dans la population en général et chez les LGBT? Quelles sont les proportions respectives? Par qui et comment cela a-t-il été mesuré?

    La problématique de l’intégration sociale des personnes LGBTIQ+ est manifestement très mal posée, voire pas posée du tout, par les éléments rapportés de cette conférence de presse. On se demande dès lors ce que valent les mesures annoncées pour améliorer une situation aussi mal décrite.

    Une mesure excellente et d’autres à haut risque

    «La mesure phare est la mise en œuvre d’un accompagnement psycho-social spécifique […] pour des cas qui nécessitent un suivi par un professionnel», annonce Johanne Guex, citée par la journaliste du Nouvelliste.

    On ne saurait trop approuver cette mesure, de même que son financement par le canton. Cette mesure est fondée sur une réalité, que le Département de la santé du Valais, apparemment, n’explicite pas, voire qu’il ignore ou fait semblant d’ignorer: l’homosexualité et d’autres situations LGBTIQ+ sont des anomalies, des handicaps.

    Les personnes concernées sont dans une situation comparable à celle des gauchers. Situation d’anomalie statistique d’abord, tout simplement: environ 5-7% de personnes LGBT dans la population en général, environ 10-15% de gauchers dans la même population.

    Ces deux types de situation ont en commun de ne pas être créées par la société, ni par les individus eux-mêmes, mais par la nature, sans qu’on puisse expliquer exactement le comment et le pourquoi de ces phénomènes. La société doit «faire avec» en respectant au mieux les minorités concernées et la majorité immense des droitiers et des hétérosexuels. Difficile équilibre.

    En ce qui concerne les minorités sexuelles, le problème est plus difficile que celui des gauchers. La sexualité, en effet, met en jeu des réalités autrement plus intimes et importantes que l’habileté des mains: l’expérience amoureuse et la capacité d’engendrer.

    Qu’un accompagnement particulier des adolescents LGBTIQ+ soit mis en place, cela se justifie pleinement par la situation tout à fait particulière dans laquelle ces jeunes se trouvent, bien malgré eux.

    D’autres mesures annoncées sont discutables et risquées, d’autant plus qu’elles ne sont guère précisées pour l’instant.

    «Une campagne de sensibilisation est également prévue», écrit la journaliste. Sensibilisation de qui et à quoi? On n’en sait rien. On s’en étonne d’autant plus, s’il s’agit de sensibiliser la population, que ladite population est déjà hypersensibilisée, comme le vote sur le «mariage pour tous» l’a démontré. On craint donc la propagande, la culpabilisation de «la société», des parents, des «hétérosexuels cisgenres».

    «Aussi, en plus de sensibiliser la population, le plan d’action prévoit des actions dans les classes [d’école]», ajoute le Nouvelliste citant Johanne Guex. Ici, on peut craindre le pire, qui s’est déjà produit ailleurs, à savoir l’intoxication des enfants et des jeunes adolescents par l’idéologie LGBT de déconstruction des sexes et des «identités de genre».

    Et ce précisément à un âge où tous les enfants et tous les jeunes ont besoin, au contraire, de trouver des repères à la fois corporels, psychiques et sociaux pour grandir et se développer par eux-mêmes, soutenus par leurs parents, sans que l’école se mêle d’orienter, ou de désorienter, leur affectivité et leur intimité.

    Bref, l’ensemble du dispositif promu par Mathias Reynard pourrait bien reposer sur un déni fondamental de réalité, à savoir la confusion des sexes et des genres, celle-là même que le peuple suisse vient d’accepter avec le «mariage pour tous». Après une ahurissante campagne militante de la part des médias, et une encore plus sidérante myopie du Conseil fédéral, du Parlement et de la majorité des partis.